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Job 10:1-13:28 Mon âme est dégoûtée de la vie! Je donnerai cours à ma plainte, Je parlerai dans l’amertume de mon âme. (2) Je dis à Dieu: Ne me condamne pas! Fais-moi savoir pourquoi tu me prends à partie! (3) Te paraît-il bien de maltraiter, De repousser l’ouvrage de tes mains, Et de faire briller ta faveur sur le conseil des méchants? (4) As-tu des yeux de chair, Vois-tu comme voit un homme? (5) Tes jours sont-ils comme les jours de l’homme, Et tes années comme ses années, (6) Pour que tu recherches mon iniquité, Pour que tu t’enquières de mon péché, (7) Sachant bien que je ne suis pas coupable, Et que nul ne peut me délivrer de ta main? (8) Tes mains m’ont formé, elles m’ont créé, Elles m’ont fait tout entier… Et tu me détruirais! (9) Souviens-toi que tu m’as façonné comme de l’argile; Voudrais-tu de nouveau me réduire en poussière? (10) Ne m’as-tu pas coulé comme du lait? Ne m’as-tu pas caillé comme du fromage? (11) Tu m’as revêtu de peau et de chair, Tu m’as tissé d’os et de nerfs; (12) Tu m’as accordé ta grâce avec la vie, Tu m’as conservé par tes soins et sous ta garde. (13) Voici néanmoins ce que tu cachais dans ton coeur, Voici, je le sais, ce que tu as résolu en toi-même. (14) Si je pèche, tu m’observes, Tu ne pardonnes pas mon iniquité. (15) Suis-je coupable, malheur à moi! Suis-je innocent, je n’ose lever la tête, Rassasié de honte et absorbé dans ma misère. (16) Et si j’ose la lever, tu me poursuis comme un lion, Tu me frappes encore par des prodiges. (17) Tu m’opposes de nouveaux témoins, Tu multiplies tes fureurs contre moi, Tu m’assailles d’une succession de calamités. (18) Pourquoi m’as-tu fait sortir du sein de ma mère? Je serais mort, et aucun oeil ne m’aurait vu; (19) Je serais comme si je n’eusse pas existé, Et j’aurais passé du ventre de ma mère au sépulcre. (20) Mes jours ne sont-ils pas en petit nombre? Qu’il me laisse, Qu’il se retire de moi, et que je respire un peu, (21) Avant que je m’en aille, pour ne plus revenir, Dans le pays des ténèbres et de l’ombre de la mort, (22) Pays d’une obscurité profonde, Où règnent l’ombre de la mort et la confusion, Et où la lumière est semblable aux ténèbres. (11:1) Tsophar de Naama prit la parole et dit: (2) Cette multitude de paroles ne trouvera-t-elle point de réponse, Et suffira-t-il d’être un discoureur pour avoir raison? (3) Tes vains propos feront-ils taire les gens? Te moqueras-tu, sans que personne te confonde? (4) Tu dis: Ma manière de voir est juste, Et je suis pur à tes yeux. (5) Oh! si Dieu voulait parler, S’il ouvrait les lèvres pour te répondre, (6) Et s’il te révélait les secrets de sa sagesse, De son immense sagesse, Tu verrais alors qu’il ne te traite pas selon ton iniquité. (7) Prétends-tu sonder les pensées de Dieu, Parvenir à la connaissance parfaite du Tout Puissant? (8) Elle est aussi haute que les cieux: que feras-tu? Plus profonde que le séjour des morts: que sauras-tu? (9) La mesure en est plus longue que la terre, Elle est plus large que la mer. (10) S’il passe, s’il saisit, S’il traîne à son tribunal, qui s’y opposera? (11) Car il connaît les vicieux, Il voit facilement les coupables. (12) L’homme, au contraire, a l’intelligence d’un fou, Il est né comme le petit d’un âne sauvage. (13) Pour toi, dirige ton coeur vers Dieu, Étends vers lui tes mains, (14) Éloigne-toi de l’iniquité, Et ne laisse pas habiter l’injustice sous ta tente. (15) Alors tu lèveras ton front sans tache, Tu seras ferme et sans crainte; (16) Tu oublieras tes souffrances, Tu t’en souviendras comme des eaux écoulées. (17) Tes jours auront plus d’éclat que le soleil à son midi, Tes ténèbres seront comme la lumière du matin, (18) Tu seras plein de confiance, et ton attente ne sera plus vaine; Tu regarderas autour de toi, et tu reposeras en sûreté. (19) Tu te coucheras sans que personne ne trouble, Et plusieurs caresseront ton visage. (20) Mais les yeux des méchants seront consumés; Pour eux point de refuge; La mort, voilà leur espérance! (12:1) Job prit la parole et dit: (2) On dirait, en vérité, que le genre humain c’est vous, Et qu’avec vous doit mourir la sagesse. (3) J’ai tout aussi bien que vous de l’intelligence, moi, Je ne vous suis point inférieur; Et qui ne sait les choses que vous dites? (4) Je suis pour mes amis un objet de raillerie, Quand j’implore le secours de Dieu; Le juste, l’innocent, un objet de raillerie! (5) Au malheur le mépris! c’est la devise des heureux; A celui dont le pied chancelle est réservé le mépris. (6) Il y a paix sous la tente des pillards, Sécurité pour ceux qui offensent Dieu, Pour quiconque se fait un dieu de sa force. (7) Interroge les bêtes, elles t’instruiront, Les oiseaux du ciel, ils te l’apprendront; (8) Parle à la terre, elle t’instruira; Et les poissons de la mer te le raconteront. (9) Qui ne reconnaît chez eux la preuve Que la main de l’Éternel a fait toutes choses? (10) Il tient dans sa main l’âme de tout ce qui vit, Le souffle de toute chair d’homme. (11) L’oreille ne discerne-t-elle pas les paroles, Comme le palais savoure les aliments? (12) Dans les vieillards se trouve la sagesse, Et dans une longue vie l’intelligence. (13) En Dieu résident la sagesse et la puissance. Le conseil et l’intelligence lui appartiennent. (14) Ce qu’il renverse ne sera point rebâti, Celui qu’il enferme ne sera point délivré. (15) Il retient les eaux et tout se dessèche; Il les lâche, et la terre en est dévastée. (16) Il possède la force et la prudence; Il maîtrise celui qui s’égare ou fait égarer les autres. (17) Il emmène captifs les conseillers; Il trouble la raison des juges. (18) Il délie la ceinture des rois, Il met une corde autour de leurs reins. (19) Il emmène captifs les sacrificateurs; Il fait tomber les puissants. (20) Il ôte la parole à ceux qui ont de l’assurance; Il prive de jugement les vieillards. (21) Il verse le mépris sur les grands; Il relâche la ceinture des forts. (22) Il met à découvert ce qui est caché dans les ténèbres, Il produit à la lumière l’ombre de la mort. (23) Il donne de l’accroissement aux nations, et il les anéantit; Il les étend au loin, et il les ramène dans leurs limites. (24) Il enlève l’intelligence aux chefs des peuples, Il les fait errer dans les déserts sans chemin; (25) Ils tâtonnent dans les ténèbres, et ne voient pas clair; Il les fait errer comme des gens ivres. (13:1) Voici, mon oeil a vu tout cela, Mon oreille l’a entendu et y a pris garde. (2) Ce que vous savez, je le sais aussi, Je ne vous suis point inférieur. (3) Mais je veux parler au Tout Puissant, Je veux plaider ma cause devant Dieu; (4) Car vous, vous n’imaginez que des faussetés, Vous êtes tous des médecins de néant. (5) Que n’avez-vous gardé le silence? Vous auriez passé pour avoir de la sagesse. (6) Écoutez, je vous prie, ma défense, Et soyez attentifs à la réplique de mes lèvres. (7) Direz-vous en faveur de Dieu ce qui est injuste, Et pour le soutenir alléguerez-vous des faussetés? (8) Voulez-vous avoir égard à sa personne? Voulez-vous plaider pour Dieu? (9) S’il vous sonde, vous approuvera-t-il? Ou le tromperez-vous comme on trompe un homme? (10) Certainement il vous condamnera, Si vous n’agissez en secret que par égard pour sa personne. (11) Sa majesté ne vous épouvantera-t-elle pas? Sa terreur ne tombera-t-elle pas sur vous? (12) Vos sentences sont des sentences de cendre, Vos retranchements sont des retranchements de boue. (13) Taisez-vous, laissez-moi, je veux parler! Il m’en arrivera ce qu’il pourra. (14) Pourquoi saisirais-je ma chair entre les dents? J’exposerai plutôt ma vie. (15) Voici, il me tuera; je n’ai rien à espérer; Mais devant lui je défendrai ma conduite. (16) Cela même peut servir à mon salut, Car un impie n’ose paraître en sa présence. (17) Écoutez, écoutez mes paroles, Prêtez l’oreille à ce que je vais dire. (18) Me voici prêt à plaider ma cause; Je sais que j’ai raison. (19) Quelqu’un disputera-t-il contre moi? Alors je me tais, et je veux mourir. (20) Seulement, accorde-moi deux choses Et je ne me cacherai pas de loin de ta face: (21) Retire ta main de dessus moi, Et que tes terreurs ne me troublent plus. (22) Puis appelle, et je répondrai, Ou si je parle, réponds-moi! (23) Quel est le nombre de mes iniquités et de mes péchés? Fais-moi connaître mes transgressions et mes péchés. (24) Pourquoi caches-tu ton visage, Et me prends-tu pour ton ennemi? (25) Veux-tu frapper une feuille agitée? Veux-tu poursuivre une paille desséchée? (26) Pourquoi m’infliger d’amères souffrances, Me punir pour des fautes de jeunesse? (27) Pourquoi mettre mes pieds dans les ceps, Surveiller tous mes mouvements, Tracer une limite à mes pas, (28) Quand mon corps tombe en pourriture, Comme un vêtement que dévore la teigne?

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